Trouver du temps pour être des enfants au Malawi

Alinafe vit au Malawi, elle est chef de famille et n’a que treize ans. Voici son témoignage de vie et sur l’importance qu’y joue l’éducation.

Alinafe s’occupe de ses deux jeunes frères, ils habitent ensembles dans une petite maison en terre d’une seule pièce au Malawi.

Ses parents sont décédés alors qu’elle était encore petite. De trop nombreuses responsabilités reposent sur les jeunes épaules de cette adolescente.  Elle se lève tous les jours dès l’aube afin de s’occuper des tâches ménagères et d’aider ses deux petits frères à se préparer pour la journée.

Les trois enfants reçoivent du likuni phala (porridge) à l’école primaire de Kogolo grâce aux services de Mary’s Meal. Ceci les aides non seulement à passer la journée, mais aussi à les garder en santé, alors que le pays souffre d’une crise alimentaire croissante.

 Alinafe nous raconte: « Mes parents nous ont laissé une parcelle de terrain sur laquelle nous essayons de cultiver du millet. Nous avons réussi à moissonner cinq bassines, que nous avons consommées il y a longtemps. »

Depuis lors, Alinafe a commencé une petite entreprise de charbon pendant les fins de semaines. En compagnie de ses frères, elle se rend dans les montagnes voisines pour collecter du bois, le couper et le brûler pour en faire du charbon, qu’elle revend par la suite.

Ce processus est difficile parce que les trois enfants sont très jeunes. Alinafe a donc offert un travail à un garçon du village un peu plus âgé qu’elle paye avec de la nourriture. L’entreprise ne garantit pas aux enfants l’espoir de partager un repas journalier en famille.

 « Je vends le charbon au prix de 5,700 kwacha, avec lequel j’achète cinq bassines de maïs. Cela fait quinze jours que je n’ai pas autant gagné » dit Alinafe. La semaine dernière quelqu’un nous devait de l’argent pour le charbon, comme il ne nous a pas payé, nous n’avons pas pu manger de toute la semaine.

Les enfants travaillent très fort, leur enfance est sacrifiée parce qu’ils essaient de se nourrir. Ils sont inquiets de dormir seuls sans la présence d’un adulte, et de ne pas avoir assez à manger, mais ils travaillent et se soutiennent en famille pour survivre.

Alinafe nous dit: “Je suis très inquiète à cause de la famine, et aussi parce que la maison où nous vivons a des fuites. J’ai peur qu’une nuit la maison puisse s’écrouler pendant notre sommeil.  

Ma vie est difficile, je n’ai pas d’autres vêtements que ceux-ci et une paire de rechange. C’est la même chose pour mes frères… à part mes amis qui m’aident à aller chercher l’eau après l’école je ne reçois pas d’aide. Je fais mes tâches avant et après l’école.

Je surveille aussi mes frères pour qu’ils n’aillent pas trop loin lorsqu’ils jouent. Je m’assure que nous mangions toujours en même temps, parce que nous sommes une famille. »

C’est seulement à l’école que les trois enfants ont le temps de vivre leur enfance, ils y profitent d’un repas nourrissant et y apprennent leurs leçons.

« J’aime beaucoup l’école parce que j’y acquière des connaissances » dit Alinafe. « J’aime beaucoup lire des livres, ils me rendent intelligente. Je sais que si j’étudie beaucoup je serai capable d’avoir un bon travail pour prendre soin de mes frères. »

Il suffit de $22.00 pour nourrir un enfant pendant toute une année scolaire.